Kyoto Forever – Du théâtre réchauffé pour le développement durable

La conférence de Frédéric Ferrer, metteur en scène de Kyoto Forever, pouvait mettre l’eau à la bouche. Nous avons affaire à un géographe passionné d’écologie et du développement durable : Kyoto Forever, son second spectacle autour de ce thème à la mode après “Mauvais Temps”, nous montre en quelque sorte la dévotion de cet artiste pour cette noble cause.

Kyoto Forever met en regard la question de la réduction des gaz à effet de serre avec les débats interminablers de haute instance, accueillis par les conférences sans lendemain se succédant à n’en plus finir : Munich, Kyoto, Bali, etc. Ayant lui-même assisté à ces conférences, Fréderic Ferrer voulait rendre compte de l’absurdité qui pouvait se dégager de ces procédures, tout en s’interrogeant sur l’humanité et les états d’âmes des délégués présents.

Sur scène, un grand tapis blanc, sur lequel nous pouvons voir une chaire à huit micros côté jardin, un arbre nu (donc la pertinence peut être mise en question) côté cour, et un écran (carrément inutile, il faut le dire) surplombant discètement le tout. Le spectacle, qui commence curieusement par une mise en espace d’un extrait des Haut de Hurlevent, s’avère quelque peu troublant. Trainant en longueur, riche en passages interminables, toutefois ponctués par de très bons moments (scène où les délégués parlent de leurs passions et de leurs origines, dont le fameux indonésien ayant inventé une maquette d’éolienne fonctionnant à l’énergie… solaire !), Kyoto Forever n’est pas la subtile progression vers une folie déjantée que l’on attendait. Les scènes se succèdent sans se ressembler, le fil de l’histoire peine à résister au trop-plein d’idées dont le spectacle semble avoir subi.

Il sera accordé néanmoins le fait que la sincérité du propos de Frédéric Ferrer demeure. Son parcours, son naturel lorsqu’il parle du spectacle, ne fait pas de lui un individu profitant de la thématique environnementale pour produire un spectacle. Il en demeure que l’on ne peut être que quelque peu déçu d’une performance qui nous parait pouvoir être plus aboutie.

3 réponses vers “Kyoto Forever – Du théâtre réchauffé pour le développement durable”

  1. super critique, bien rédigée, belle écriture. Mais peut être un peu radicale. L’écran a servi à montrer la carte de route de la conférence de Bali, lorsqu’il fallait la corriger. Certes au troisième rang on pouvoir voir les manipulation faite par l’ordinateur du délégué “France”, mais certainement que tout derrière on n’en voyait pas l’intérêt.

    Ce spectacle peut cependant s’apprécier, par son côté ingénieux de traiter un sujet assez sensible, et de faire de lui finalement simple prétexte à la mise en scène de l’humain dans sa splendeur: lorsqu’il s’échappe tout doucement d’un univers trop réel, pour s’évader vers un autre plus loufoque et onirique, loin de la rudesse d’une conférence si importante…

  2. Kevin Martin a dit :

    Merci Aurélia pour le commentaire ! Oui en relisant l’article, je me dis que j’ai du être de mauvais poil en la rédigeant ! L’article sur Culture durable (http://culturedurable.wordpress.com) est sans doute doute plus juste…!

  3. Retrouvez quelques images de ce spectacle :
    http://www.lequai.tv/fr/bdd/video_id/177

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