Le Condor – Le rapace se vole dans ses plumes

Quand un bébé quitte son nid, il est souvent ahuri de découvrir le monde sous un autre visage. Le Condor n’échappe pas à la règle et l’oisillon de Jouanneau a dû voler de ses propres ailes avec le Théâtre Désaxé.

Devant nous se dresse donc une scène totalement dépendrillonnée avec projecteurs à vue (décidément…), au plateau surplombé d’une imposante structure métallique à laquelle un fouillis de feuilles de psychiatre sont attachées. Normal, nous sommes dans un hôpital psychiatrique : Léo Moran y a demandé asile (!) pour parler d’un récent choc : la vue d’une tête humaine où il ne reste que les dents et les yeux. Pas banal vous me direz… Effectivement. Nous nous retrouvons donc face à un huis clos à l’atmosphère malsaine, baignée de la douce musique de Mendelssohn, entouré de… cinq femmes plutôt avenantes en tenue de médecin. S’ensuit une psychanalyse et une réflexion sur l’homme charognard et son féminin plus clément.

Jusqu’ici tout va bien, du théâtre pur et dur où sont censés se voler dans les plumes une ambiance profonde, des conflits, des tensions, des interrogations.

Mais il faut bien avouer que c’est un peu raté. Une mise en scène terne, sclerosée et très peu inspirée s’ajoute aux partis pris douteux (dépendrillonnage et la structure plus perturbante qu’autre chose). Peu convaincants, les comédiens s’adonnent à un surjeu fatigant (à l’exception d’une ou deux comédiennes) et difficile de ne pas décrocher en 1h20 d’un spectacle à la structure mécanique et qui traine en longueur…

En résumé, un beau texte pas vraiment bien servi. Cela m’amène à une question. Pourquoi monter un tel texte avec aussi peu de valeur ajoutée et de créativité ? Un texte aussi rude, difficile, aurait peut-être mérité une lecture un peu plus innovante…

Et v’là condor un peu… et son voisin aussi… Dommage.

 

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